Cela fait maintenant 5 semaines que l’on parcourt le pays en découvrant des petits coins de nature qui méritent le détour. C’est un laps de temps suffisamment long pour évoquer une autre facette du Kirghizistan, moins plaisante mais pourtant bien réelle. Un détail gênant que l’on esquive en coin de l’objectif; je veux parler des innombrables bouteilles de verres et autres déchets, traces visibles d’un problème symptomatique au kirghizistan.
Notre trio se faisait récemment la réflexion qu’à chaque halte que nous nous accordions, il suffisait de déporter le regard de quelques mètres pour trouver des “cadavres” ou des tessons de verres. Non seulement près des routes et sentiers mais aussi en pleine montagne au beau milieu de nul part.
A l’échelle du pays, cela ne semble pas être une priorité. Les gestes du quotidien sont révélateurs et l'on jette toute sorte de déchets par terre. Aida est sensible a ce problème et déplore régulièrement les conséquences des comportements de ses concitoyens. D’un point de vue écologique, comment parler de collecte des déchets (chantier colossale) avant que la population soit consciente de ses actes. Amener ce sujet de discussion aboutit a des sourires au coin de lèvres… L’impact visuel des déchets saute très vite au yeux de tout étranger mais la réciproque pour les kirghizs est moins évidente.
L’origine du mal:
Attardons nous sur la source du problème, de l’engrenage. Au Kirghizistan, l’alcool de pomme de terre est omniprésent. Dans les grands magasins, on lui accorde des rayons entiers et dans les petites échoppes, sa place est aussi bien gardée. La Vodka est pour ainsi dire donnée: 50 som (1 euro/l pour les moins chères). Depuis 2 ans, date de l’installation du nouveau gouvernement, l’alcool a baisse significativement et des fabriques de vodka ont vu le jour. L’alcoolisme est ici saisissant et le voyageur s’en rendra vite compte: accolades forcées avec des gens imbibés en pleine après-midi.
On comprend mieux la source du fléau quand l’on se renseigne sur les chiffres du chômage. D’après nos discussion, 4 personnes sur 10 auraient une activité professionnelle. Et en effet, dans les rues, les villages, les villes, ont se demande bien ce que font les gens! Peu de travail dans un pays qui a hérite de frontières difficiles ou 94% du territoire est en zone de montagne. On vit d’agriculture, d'élevage et beaucoup en autosuffisance.
L’immobilisme du pays s’explique aussi par le fonctionnement du système familiale construit sur un principe “attentiste”. Marilyne m’expliquait qu’il est difficile de voir se multiplier les initiatives puisque les gens attendant l’argent de la personne qui travaille. La responsabilité repose toujours sur le même personne. Comment avancer dans un tel schéma. C’est en quelques sortes s’inviter dans la course au développement avec un boulet au pied. A ce sujet, dans de nombreux domaines tels que le tourisme, l’agriculture, l’enseignement, l’acheminement en eau potable… des ONG suisses, allemandes, britanniques…assurent la coordination des actions a entreprendre dans le pays.
Quand l’alcool devient monnaie d’échange:
Au bord du lac Song Kol, un des sites touristiques majeurs du Kirghizistan, le troc est courant. Nous avons croiser le chemin d’un guide dont les pratiques déplorables ne vont pas dans le bon sens. On échange 1 litre de Vodka contre 3 kilos de poisons. Selon Aida, il est utile d’emporter une bouteille de vodka avec soi lors de treks pour faciliter certains services comme des prêts de chevaux ou le passage d’un guet.